Lors d’un récent cours prénatal privé que j’ai animé auprès d’un couple de parents résidant à Québec via une plate-forme Internet interactive, le père m’a demandé mon avis au sujet d’une récente étude, qui a été publiée sur les bienfaits du soluté de glucose durant l’accouchement. Selon les résultats de cet essai clinique réalisé par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec, par l’entremise de cette pratique, la durée du travail serait réduite de 76 minutes en moyenne. Fait important concernant cette étude : les sujets devaient toutes se faire provoquer pour des raisons médicales. Sans remettre en cause les bienfaits du glucose par rapport au sel, mis en évidence dans cette étude auprès d’un certain groupe de parturientes, je me suis permise de rappeler aux futurs parents la recommandation de la SOGC dans le cadre d’accouchements non à risque : “Il est recommandé que la mère mange et boive en petites quantités, au cours des premières phases du travail, pour éviter qu’elle se déshydrate et pour qu’elle conserve ses forces.”

En effet, j’aime bien comparer l’accouchement à un marathon, où on doit conserver ses forces pour conserver entre autres l’énergie nécessaire pour aller marcher dans le corridor et adopter des positions pour réduire de quelques heures le temps total de travail de l’accouchement. Il est logique, qu’une banane donne plus d’énergie qu’un jus de fruit extrêmement dilué, non ? Pour cette raison, un nombre grandissant d’hôpitaux au Québec ne proposent plus le soluté de manière systématique lors de l’admission des parents.

Les inconvénients du soluté durant l’accouchement

– Une interdiction de manger pendant l’accouchement peut apporter une faiblesse au niveau énergétique. La mère peut se sentir moins en forme pendant l’accouchement.
– Il limite la liberté de mouvement et la variété de positions possibles, ce qui peut ralentir le travail de l’accouchement. Il lui donne davantage l’impression d’être malade, alors qu’elle va donner la vie.
Bien entendu, si la mère vomit tout ce qu’elle ingurgite durant l’accouchement ou si elle doit recevoir certaines interventions médicales comme la péridurale, il est préférable qu’elle opte pour le soluté. Le choix qu’il soit à base de glucose ou de sel devrait alors être déterminé par l’infirmière, en fonction du profil personnel de santé de la parturiente au besoin seulement (ex. : diabète de grossesse ou pas ?), au moment opportun durant l’accouchement et pas nécessairement lors de l’admission de cette dernière à la maternité. C’est une demande que vous pouvez effectuer dans votre plan de naissance. Une accompagnante à la naissance Mère et monde peut vous aider à le rédiger dans le cadre de cours prénataux. Elle peut vous donner des conseils pour ouvrir la communication avec tact avec votre médecin dans ce sens. Par ailleurs, je vous invite à lire les conseils de la nutritionniste, Mélanie Ladouceur, qui a collaboré à la rédaction de nos guides pratiques, “Nos cours prénataux à la maison” (Québec) et “Se préparer à l’accouchement en sept leçons” (Europe), Éditions de l’Homme, en matière de boite à lunch durant l’accouchement (chapitre 2). Vous, quelle fut votre expérience en la matière ?