À titre de journaliste, d’auteur de nos guides pratiques « Nos cours prénataux à la maison » (version québécoise) et « Se préparer à l’accouchement en sept leçons » (version européenne) ainsi que formatrice en périnatalité au Québec (Canada) et en ligne, j’ai eu l’occasion de séjourner à plus d’une reprise en Belgique et en France depuis 20 ans. Certaines femmes enceintes me demandent dans quel pays il est mieux d’accoucher. Je leur dis qu’on ne peut pas répondre à la question de manière générale. J’ai en effet remarqué à plus d’une reprise que le savoir-faire québécois était généralement bien reconnu en périnatalité. Cela dit, une réalité n’est jamais parfaite, tout dépend de la préparation que reçoivent les parents dans les cours prénataux et du type d’accouchement vécu et cela, qu’on donne naissance dans n’importe quel pays ! Chaque région, voire chaque maternité, comporte ses avantages. Voici néanmoins quelques-uns de mes coups de cœur concernant les accouchements au Québec et en Europe francophone :

Au Québec

1. Le plan de naissance et la possibilité de boire et de manger légèrement durant un accouchement
La rédaction d’un tel plan de communication entre les futurs parents et leur médecin est une activité en vogue au Québec et cela, depuis déjà plus d’une vingtaine d’années. Dans un tel document, en fonction des recommandations de la Société des gynécologues et des obstétriciens du Canada (SOGC), ils peuvent notamment demander à ce que la mère boive et mange légèrement en début de travail pour avoir plus d’énergie pour marcher et adopter des positions d’accouchement (et ainsi favoriser la descente du bébé dans le bassin). Lors d’accouchements sans complications, les mères peuvent aussi demander une surveillance du cœur fœtal de manière intermittente, ce qui augmente considérablement leur confort durant l’accouchement. On remarque même qu’un nombre grandissant d’hôpitaux recommandent aux futurs parents de rédiger un plan de naissance et tentent de respecter les principales demandes des parents durant l’accouchement, dans la mesure du possible (ex. : adopter des positions autres que celle obstétrique durant les poussées du bébé). La plupart d’entre eux allègent aussi de plus en plus leur protocole hospitalier de manière à favoriser la physiologie de l’accouchement (ex. : permettre à la mère de boire et de manger légèrement durant l’accouchement).

2. La possibilité d’être accompagnée par de tierces personnes intimes durant l’accouchement
Pour optimaliser l’accompagnement personnalisé de la mère en fonction de ses besoins durant toute la durée de l’accouchement, la grande majorité des maternités québécoises permettent à la mère d’être accompagnée par le père, mais aussi par de tierces personnes (ex. : la grand-mère, une amie et\ou une accompagnante à la naissance professionnelle), en complément du suivi médical assuré par les infirmières et les médecins. D’ailleurs, une importante étude a déjà démontré que la présence continue d’une accompagnante à la naissance permet de réduire de 50 % le taux de césariennes, de 25 % la durée du travail, de 40 % l’utilisation d’ocytociques et de 30 % celle des forceps.

3. Le soutien durant l’allaitement et un congé parental de près d’un an
L’allaitement des bébés fait maintenant partie du portrait familial au Québec, après l’accouchement. Un nombre grandissant de médecins, de sages-femmes, d’infirmières, de consultantes en lactation, de marraines d’allaitement et d’accompagnantes à la naissance sont formées à ce sujet pour soutenir les mères désirant vivre cette expérience de vie. La plupart des CSSS proposent du soutien aux nouvelles mères dans le cadre d’ateliers et de cliniques d’allaitement, après l’accouchement. De plus, les mères et\ou les pères peuvent bénéficier d’un congé parental de plusieurs mois, en fonction de leur choix, ce qui favorise l’allaitement, si tel est le choix de la mère.

En Europe francophone

1. Des installations physiques confortables dans certaines maternités
Grandes chambres douillettes teintes de couleurs vives et joyeuses, immenses lits de naissance avec des coussins, ballons et galettes de naissance, bains thérapeutiques, tabourets d’accouchement et foulards suspendus au plafond. Le confort de certaines chambres de maternité en France et en Belgique en milieu hospitalier ou en cliniques privées s’apparente presque à celui d’une chambre d’hôtel.

2. L’accès plus facile à une péridurale déambulatoire durant l’accouchement
Certains anesthésistes ont déjà proposé une analgésie faiblement dosée aux mères, ce qui leur permet d’aller marcher dans le corridor de la maternité durant l’accouchement et d’adopter des positions de gravité pour favoriser la descente de leur bébé dans le bassin (plutôt que d’être clouée au lit comme dans le cadre d’une péridurale classique). De plus, avec une anesthésie faiblement dosée, la mère peut généralement mieux sentir son réflexe naturel et pousser plus efficacement son bébé.

3. L’accouchement dans l’eau
Dans certaines maternités au sein d’institutions hospitalières ou de cliniques privées en France et en Belgique, les mères peuvent non seulement profiter de l’eau pour soulager la douleur de leurs contractions, mais elles peuvent aussi demander d’accoucher leur bébé dans une grande baignoire, quand cela est possible. Au Québec, ce n’est seulement permis que dans les maisons de naissance.

Pour écouter mon entrevue radiophonique à la RTBF en Belgique sur nos livres, la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, cliquez ici. J’ai répondu aux questions des mères enceintes durant 2 heures.

Et vous, quelle fut votre expérience d’accouchement au Québec, en Belgique ou en France ? Quels sont vos coups de coeur ?