Billet écrit par Jessie Jalbert – Mis à jour le 22 février 2016

Le plan de naissance. Le terme circule sur Internet mais peu de futurs parents savent à quel point il s’agit d’un outil de communication hors pair lors de l’accouchement. On peut croire, à tort, qu’il est réservé aux femmes enceintes qui souhaitent éviter toute intervention médicale ou à celles qui se font un scénario béton de l’accouchement. En réalité, peu importe votre situation (premier bébé, jumeaux, césarienne, etc.), le plan de naissance aura son utilité. Tour d’horizon pour que vos demandes dans le plan de naissance soient respectées durant l’accouchement par les infirmières et le médecin de garde, dans la mesure du possible.

Le plan de naissance est un outil efficace de communication avec le personnel médical. Sa rédaction vous oblige en tant que futurs parents à vous questionner, à vous renseigner et à vous informer dans le cadre de cours prénataux tels que proposés chez Mère et monde. Il vous pousse à effectuer des choix que vous croyiez sans doute ne pas avoir à faire. Ainsi, vous vous informez des différentes possibilités lors d’un accouchement, ce qui a pour effet de vous sécuriser. Rien n’est pire que l’ignorance de l’accouchement. Durant la grossesse, le plan de naissance initie un dialogue avec le médecin et permet de mieux connaître ses positions sur l’accouchement et les interventions médicales potentiellement proposées comme le soluté ou le clampage du cordon ombilical, par exemple. L’exercice en question vous fait découvrir le protocole de l’établissement où vous donnerez naissance (qui diffère d’un lieu à un autre). Notez que les accompagnantes de Mère et monde peuvent vous renseigner concernant votre propre protocole d’hôpital et vous aider à rédiger un plan de naissance, dans le cadre de cours prénataux. Une fois remis au personnel médical, le document est généralement fort apprécié par ceux-ci, infirmiers et infirmières inclus. Le plan de naissance est le portrait de qui vous êtes, il démontre aux infirmiers et infirmières que vous avez fait vos devoirs et que vous êtes bien informés. Pour maximaliser les chances qu’il soit lu par le personnel médical, vous pouvez en faire signer une copie par votre médecin traitant durant votre grossesse, laquelle sera ensuite glissée dans votre dossier médical. Lors de l’accouchement, si tel est votre désir, une accompagnante à la naissance pourrait aussi veiller à ce qu’il soit respecté avec tact, dans la mesure du possible.

Le plan de naissance n’est pas un contrat légal ou la garantie d’un accouchement parfait

Très rares sont les accouchements qui se déroulent tels qu’on les avait imaginés. L’exercice de la rédaction du plan de naissance auprès de votre accompagnante à la naissance a pour but de favoriser l’ouverture et de vous préparer à différents scénarios d’accouchement. Ce serait une erreur de s’en servir pour tenter de contrôler le déroulement du travail et de la naissance ou même les intervenants.

Comment le rédige-t-on ? La première étape, logiquement, consiste à vous renseigner sur les interventions médicales possibles lors d’une naissance ainsi que sur les choix qui s’offrent à vous durant l’accouchement (il est recommandé de lire le chapitre 2 du livre « Nos cours prénataux à la maison », Éditions de l’Homme). Tentez de tenir compte des recommandations officielles comme celles de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). Pourquoi ne pas suivre des cours prénataux privés avec une accompagnante à la naissance, qui connait ce type de recommandations ? Elle vous éclairera de façon neutre sur les différentes interventions médicales (sans vous obliger à refuser la péridurale, par exemple), en vous exposant le « pour » et le « contre » de chacune d’elles, en se basant sur les directives des associations médicales. Elle répondra à vos questions de manière personnalisée.

L’ABC du plan de naissance rédigé durant la grossesse

Dans votre plan de naissance, on devrait retrouver les points suivants : votre identification, la présentation des grandes lignes de la grossesse, une description de l’ambiance générale souhaitée, les interventions que vous aimeriez avoir ou éviter (soluté et épisiotomie, par exemple), vos désirs pour l’enfant à la suite de la naissance (allaitement, par exemple) et vos souhaits en cas d’imprévus (césarienne, bébé prématuré ou malade, par exemple). Il faut aussi porter attention au langage et au ton utilisés. Vous devez démontrer de la souplesse et de l’ouverture, autant dans le contenu du plan de naissance, que dans la formulation des phrases. Plutôt que de dire « Je refuse que », vous opterez pour « Dans le mesure du possible, je souhaiterais » ou encore « Je préfèrerais ».

N’oubliez pas qu’on ne contrôle rien à l’accouchement. Le but de rédiger un plan de naissance est d’abord d’être bien informé, de créer de l’ouverture et de permettre le dialogue avec le personnel médical. Sur ce, bon exercice de communication ! N’hésitez pas à consulter ce lien pour en savoir plus.