S’il en est une inquiétude qui revient souvent auprès des futures mères, c’est bien celle-là. Durant la grossesse, il arrive en effet que certaines femmes enceintes soient stressées après une visite médicale, moment où elles apprennent que leur bébé affiche un poids qui ne se trouve pas dans la moyenne des statistiques de croissance des bébés durant la grossesse. S’il est important que les femmes enceintes soient suivies de près par un professionnel de la santé durant neuf mois, il est essentiel de rassurer les futurs parents concernant cette question. Sachez que chaque bébé croît à son propre rythme tout au long de la grossesse, avant l’accouchement. La plupart des bébés, qui étaient évalués de petit poids à un moment donné ou à un autre durant la grossesse, reprennent un poids normal, quelques semaines plus tard. Par ailleurs, la plupart des bébés catalogués à risque de poids élevé à la naissance (macrosomie = plus de 4 kilos à terme), ne sont généralement pas si « gros » que cela à la naissance. Et la plupart de ces accouchements devraient connaître une issue normale. Mais commençons par le début…

La croissance du bébé durant la grossesse

L’embryon de 4 semaines de grossesse n’est pas plus gros qu’une virgule, mais il prend rapidement du poids. À 13 semaines de grossesse, il pèse plus de 50 grammes, à 24 semaines de grossesse, environ 800 grammes et vers 37 semaines de grossesse, environ 3 kilos. * Ces chiffres ne sont évidemment que des moyennes et votre enfant peut, pour des raisons héréditaires ou médicales, afficher un poids légèrement différent. La prise de poids du bébé n’est en effet pas régulière durant ces neuf mois de croissance et celle de la mère ne l’est pas non plus. Rappelons que sur les vingt premières semaines de grossesse, la moitié du poids pris est représenté par la constitution des réserves maternelles. Après 30 semaines de grossesse, la prise de poids est davantage régulière ; c’est à ce moment-là durant la grossesse que le bébé grandit rapidement. L’augmentation du volume sanguin, de celle des seins, de celle de l’utérus et de celle du liquide amniotique concourent également à majorer régulièrement le poids. Précisons que la courbe de poids d’un bébé ne suit pas toujours les valeurs normales. Une prise de poids supérieure ou inférieure à la moyenne sera généralement compensée le mois suivant.

La mesure du poids : de l’examen clinique à l’échographie durant la grossesse

Le principal moyen médical pour estimer le poids du bébé est de mesurer, à partir du 4e mois de grossesse, la hauteur utérine, distance entre le bord supérieur du pubis de la mère et le haut de l’utérus, avec un mètre ruban. Si un doute plane sur la normalité du poids du bébé, une échographie peut être pratiquée pour mesurer le diamètre de sa tête, la circonférence de son tour de taille et la longueur de son fémur. Ces données sont reportées sur des courbes de référence exprimées en « percentiles ». La normalité se situe entre le 10e et le 90e percentile. Ce n’est pas parce que ces chiffres sont élevés au 5e mois de grossesse qu’un bébé sera de poids élevé à l’accouchement.

Bébé macrosome = déclenchement artificiel du travail en fin de grossesse ?

Par ailleurs, je me souviens qu’une gynécologue-obstétricienne m’avait confirmé en entrevue journalistique, dans le cadre d’un reportage passé rédigé sur le diabète de grossesse, que ces examens ne tenaient pas compte du poids et du gabarit des parents, malgré une logique évidente. Alors, mères inquiètes face à la perspective d’un bébé macrocosme à la naissance, tenez compte de cette réalité et rappelez-vous qu’un bébé de poids élevé peut se révéler être aussi un enfant long de taille, en n’ayant pas nécessairement des épaules costaudes ou une tête plus grosse que la moyenne.

Il est donc un mythe de devoir provoquer l’accouchement de manière artificielle à 39 semaines de grossesse, si le poids du bébé risque d’être élevé lors de l’accouchement, sans aucune autre raison médicale. Dans une telle situation, la vie de la mère et celle de son bébé ne s’avèrent généralement pas en danger. Or, le déclenchement artificiel du travail durant la grossesse comporte des risques si le col utérin n’est pas favorable. * N’hésitez pas discutez de la question avec votre médecin ou votre accompagnante à la naissance.

Pour terminer, voici quelques informations intéressantes à connaître concernant le poids du bébé durant grossesse :

– Une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne a déjà mis en relief qu’un niveau élevé de sucre dans le sang chez la mère durant la grossesse (notamment dans le cadre d’un diabète de grossesse) a moins d’influence sur la détermination du poids de l’enfant qu’estimé par le passé par la communauté scientifique. En fait, les femmes qui avaient un surplus de poids avant la grossesse étaient plus sujettes à donner naissance à un enfant susceptible de faire de l’embonpoint. Le risque était pratiquement aussi important pour les femmes ayant pris beaucoup de poids durant leur grossesse.

– Une étude de l’Université d’Oakland, en Californie, a démontré que 20 % des femmes ayant gagné plus de poids que recommandé et que 19 % des femmes n’ayant pas pris assez de poids durant la grossesse ont eu des enfants en surpoids, après l’accouchement.

– Une étude réalisée par la Faculté des sciences de l’éducation physique et de la récréation de l’Université d’Alberta au Canada a montré une fois de plus que sport et grossesse font bon ménage. Pratiquer une activité physique durant la grossesse augmenterait les chances d’avoir un bébé de poids normal et d’accoucher par voies basses.

Pour avoir davantage d’information sur la prise de poids de la mère durant la grossesse, cliquez ici.

Et vous, quelle fut votre expérience en la matière durant votre grossesse ?

* : Nos cours prénataux à la maison (www.coursprenataux.com), Éditions de l’Homme, 2014, pages 192 et 119.