Je reviens d’un séjour salvateur au bord de la mer. Lors de mon retour à mon bureau privé, j’ai eu le bonheur d’entendre la voix d’un père ayant assisté à l’une des sessions de mes cours prénataux de groupe sur mon répondeur téléphonique. Il me disait à quel point il avait été heureux d’accompagner sa partenaire à l’accouchement, il y a quelques jours à peine. Il me faisait remarquer que les exercices pratiques tirés entre autres de la méthode Bonapace, qu’il avait appris lors de notre préparation à l’accouchement, lui avaient été très utiles. Il était fier de me mentionner que sa conjointe avait expérimenté l’accouchement naturel contre toute attente !

Au cours des dix dernières années où j’ai travaillé auprès des futurs parents québécois à titre d’accompagnante à la naissance, j’ai été touchée de constater que les pères voulaient généralement participer à la grossesse et à l’accouchement de leur partenaire. Il arrive même que des pères m’appellent pour obtenir des renseignements sur les cours prénataux ! M’adressant autant à eux qu’aux mères pendant les dites leçons de préparation à l’accouchement, je réussis, je crois, à les rejoindre, notamment grâce à mes conseils pratiques. Dans l’esprit d’optimiser le rôle des pères – qui le veulent bien – pendant la grossesse et l’accouchement, j’ai aujourd’hui envie de vous partager 7 trucs pragmatiques dans ce sens. Et vous, quels sont les vôtres ?

Mère et Monde accouchement naissance

1. Ouvrir la communication dans le couple pendant la période de préconception et la grossesse

Devenir parents est une expérience qui peut se préparer à l’avance. Quel est votre désir d’implication de part et d’autre pendant la grossesse et l’accouchement ? Quelle est votre philosophie en matière d’éducation des enfants ? Comment allez-vous répartir les tâches engendrées par la naissance d’un bébé ? À vous le dialogue ! Notez que chaque couple a des valeurs différentes en la matière. Il se peut même qu’au sein de votre couple, vous ayez des besoins distincts. L’important est d’en arriver à un consensus, qui vous convienne de part et d’autre.

2. Lire des ouvrages sur la grossesse et l’accouchement

Les librairies regorgent d’ouvrages en la matière. Sachez que Mère et monde, en collaboration avec les Éditions de l’homme, lancera son propre livre pratique sur les cours prénataux dès l’automne 2014.

3. Participer à des cours prénataux pendant la grossesse

Tentez de privilégier des cours de préparation à l’accouchement qui proposent des exercices pratiques et qui s’adressent autant aux mères qu’aux pères. C’est notamment le cas des cours prénataux ou ceux de la méthode Bonapace chez Mère et monde.

4. Avoir recours aux services d’une accompagnante à la naissance

L’accompagnante à la naissance ne remplace pas le père pendant la grossesse et l’accouchement. Si tel est votre désir, elle le soutient pour qu’il accompagne mieux sa partenaire, tout au long de cette expérience riche en émotions.

 5. Avoir un rôle actif pendant l’accouchement

Le père peut accompagner la mère dans la douleur de l’accouchement. Par exemple, il peut la masser, la soutenir lors de positions sur un ballon, effectuer des points d’acupression, l’aider à se détendre par l’entremise de respirations, etc. Une accompagnante à la naissance peut soutenir les parents dans ce sens, tout au long de l’accouchement, que la mère désire un accouchement naturel ou pas, que le père désire s’impliquer ou pas.

6. Effectuer le contact peau à peau avec le bébé

Par l’entremise du contact peau à peau, le père peut prendre rapidement sa place dans la « triade », dès les premières heures suivant la naissance de son enfant, si tel est votre désir. En plus de réconforter et d’aider votre bébé à conserver sa chaleur corporelle, le père peut prendre ainsi confiance en ses capacités paternelles.

7. Avoir un rôle actif dans la maisonnée pendant l’allaitement

Même si les pères ne donnent pas le sein à leur bébé, ils peuvent contribuer à la réussite de l’allaitement, si tel est votre désir. Au travers des nuits blanches, la nouvelle mère doit généralement allaiter son petit de 8 à 12 fois par jour, bien s’alimenter, tout en tentant de se relever de l’accouchement. Si elle est adéquatement soutenue par son conjoint, elle vit généralement mieux cette période d’adaptation et prévient un surmenage pouvant la mener à une dépression postpartum. Sachez également que les pères ne sont pas seulement destinés à changer les couches de leur enfant. Ils peuvent aussi :

–       Lui donner le bain ;

–       L’habiller ;

–       Le réconforter quand il pleure ;

–       Tenter de le soulager lors de coliques ;

–       Effectuer des promenades avec lui à l’extérieur ;

–       Jouer avec lui ;

–       L’endormir, etc.

Surtout, chers papas, retenez ce conseil : vivez votre vie parentale sans pression. Puisque la performance à tous les niveaux est une valeur véhiculée au sein de notre société, devenir parent peut se présenter comme une expérience heureuse, mais stressante. Rappelez-vous qu’une mère ou un père parfait, ça n’existe pas. Donnez-vous droit à l’erreur. Vous retirerez certainement une expérience de vie de celle-ci. Et surtout, souvenez-vous que votre famille vous aime, avec vos qualités, vos limites et vos défauts. Sur ce, bon printemps à tous en famille. Que la chaleur soit enfin au rendez-vous !