Allaiter son enfant au sein, ce n’est pas qu’une façon de le nourrir avec du lait. En effet, les conditions d’allaitement font en sorte que plusieurs autres besoins y sont comblés naturellement, comme ceux de proximité, de chaleur et de succion pour ne nommer que ceux-ci. Ces besoins sont les mêmes chez tous les bébés, peu importe leur mode d’alimentation. Par contre, les conditions entourant l’offre du biberon n’obligent pas au contact peau à peau, ni à un respect du besoin d’oralité du nourrisson, entre autres; il est donc souhaitable d’y répondre en modifiant la façon de donner la bouteille. Comment s’y prendre? Lisez ceci!

Biberon peut facilement être synonyme de gavage si on ne respecte pas l’enfant. Pensez aux boires à l’horaire, aux quantités prédéterminées offertes avec une tétine à débit rapide, au besoin de succion répondu par l’offre du lait par exemple. L’alimentation de votre bébé passe par la connaissance et le respect de celui-ci. Observez-le. En le gardant près de vous, et encore mieux en peau à peau, vous serez témoin de ses périodes d’éveil et pourrez répondre à ses besoins plus rapidement et efficacement. Du même coup, vous pourrez le nourrir au meilleur moment, c’est-à-dire en période d’éveil calme. À ce moment, il cherche votre contact et votre présence, il est communicatif avec ses yeux, il est tonique et bien coordonné. Lorsqu’il pleure et qu’il est agité, il est aussi impatient et moins coordonné ce qui rend la préparation du biberon et le boire en soi, plus stressant et difficile pour tout le monde.

Le contact peau à peau vous permet également d’observer les signes d’approche de votre bébé; il fouine, cherche, descend. Du même coup, vous l’aidez à préserver sa chaleur et donc, à diminuer ses pertes d’énergie facilitant ainsi la prise de poids. Vous répondez à son besoin de proximité et vous favorisez l’attachement. Aviez-vous pensé offrir le biberon en peau à peau? Quel beau cadeau à vous faire à tous les trois! Ne vous privez pas de ce contact privilégié et bénéfique pour tous.

Lors du boire, placez votre bébé en position plutôt verticale. Laissez-le venir au biberon plutôt que l’inverse, en chatouillant ses lèvres avec la tétine pour stimuler ses réflexes naturels. Le biberon devrait être un peu plus haut que l’horizontal pour éviter que l’air n’entre dans la tétine. Faites des pauses pour ralentir le débit et permettre à l’enfant de faire un rot, si besoin est. Pour ce faire, il est préférable de le déposer sur votre épaule en le flattant doucement dans le dos plutôt que de l’asseoir ou de le tapoter. Inutile d’insister, s’il a besoin de faire un rot, il viendra assez rapidement et parfois même en le relevant, tout simplement.

Pensez à « changer de bras », à alterner le positionnement lorsque vous donnez le biberon. Ceci est important pour la latéralisation de votre enfant.

Le petit nourri au biberon ne peut pas être alimenté en libre-service comme on le ferait avec un bébé allaité. La tétée au sein demande un effort pour faire venir le lait, et le débit s’ajuste au fur à mesure. Le besoin de succion est répondu et une satiété s’installe. Au biberon, ce n’est pas le cas. Le bébé ne s’arrêtera pas de téter lorsque son estomac est plein puisque le lait coule à flots avec un minimum de succion. Il faut s’assurer de choisir le bon débit de tétine afin d’éviter qu’il se gave rapidement sans avoir tété suffisamment. Le cas échéant, il présenterait des signes qui pourraient vous faire croire à la faim, et vous offririez sans doute une bouteille de trop. Il a besoin de téter durant au moins 20 minutes. Une tétine d’amusement, la suce, pourrait être nécessaire pour y répondre, particulièrement durant les éveils groupés en soirée. En effet, demandes groupées ne peut signifier biberons groupés puisque l’enfant recevrait une quantité excessive de lait. Les parents ne peuvent se fier exclusivement aux signes qu’il est prêt à téter.

Il ne faut jamais forcer un bébé à terminer sa bouteille. Tout comme chez l’adulte, l’appétit varie d’un jour à l’autre et il est possible qu’il boive beaucoup une journée, et tout le contraire le lendemain. On dit qu’un des avantages du biberon est que l’on connait la quantité de lait bue par l’enfant, mais quand l’appétit varie, ce peut être plus stressant que rassurant. À moins d’autres signes inquiétants (fatigue, fièvre, etc.), ne vous en préoccupez pas et respectez-le.

Vous devez avoir une hygiène irréprochable avec l’utilisation des biberons. Ces derniers, s’ils sont mal entretenus, peuvent entraîner de graves infections dues aux germes et aux bactéries. Stérilisez-les régulièrement et entreposez-les soigneusement. Ne préparez pas trop de bouteilles à l’avance puisque la préparation pour nourrissons reconstituée ne se conserve pas plus de 24 heures au réfrigérateur. L’eau utilisée doit être bouillie jusqu’à quatre mois, même l’eau embouteillée. À ce sujet, n’utilisez jamais d’eau déminéralisée ou au contraire, minéralisée. Assurez-vous de respecter à la lettre le mode de dilution si vous n’utilisez pas de lait prêt à l’emploi. Si vous offrez du lait maternel au biberon, vous pouvez le conserver plusieurs jours au frigo (6-8 jours) s’il a été exprimé et conservé correctement. Je vous promets un billet sur le sujet d’ailleurs. Si le lait maternel a été décongelé, vous devez l’offrir dans les 24 heures. Peu importe le type de lait, jetez le reste après le boire. Ne le réchauffez jamais pour éviter les intoxications alimentaires.

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Formations Co-Naître
Ingrid Bayot