C’est le premier billet du mois, alors je vous présente l’histoire de la naissance d’Henri telle qu’écrite par sa maman, Christine.

Dimanche le 3 mars au soir, Sarah, Bernard et les enfants viennent souper avec nous. Ils nous préparent de délicieuses saucisses au poulet. L’excitation se fait palpable mais nous devons rester calmes, dans le moment présent. Ils nous offrent de prendre Mathilde tout de suite… « Non, merci, on ne sait jamais quand ça va se déclencher pour vrai! » Comme si Dre. Beauregard allait me laisser dépasser le 4 mars sans induction! On prend des drôles de décisions en fin de grossesse!!!    

Nous nous couchons vers 11hr mais pas pour longtemps!

TOC!

Je me réveille en sursaut et je regarde l’heure. Il est 2h36. Cette contraction, I swear, je l’ai entendue!

Je murmure : « Rémi, le bébé s’en vient! »

Bien sûr, ton père se lève d’un coup! Valéry, notre accompagnante à la naissance, nous dit que prendre un bain devrait m’indiquer si c’est du sérieux, s’il est temps d’aller à l’hôpital. Je suis prise entre ne pas trop savoir si ce sont de vraies de vraies contraction et l’impression nette que le temps est arrivé. Non pas parce que je souffre, plutôt à cause de mon état d’esprit. Je suis centrée, je suis déterminée.

« Va me couler un bain. Va chercher mes vêtements. Va mettre ma valise dans l’auto. Arrête le café, ça pue. Appelle Sarah et Bernard. »

Les ordres pleuvent et Rémi peine à accéder à toutes mes demandes. Bernard est en route.

Le bain me confirme que c’est la vraie affaire. Nous rappelons Valéry pour lui dire. Bernard arrive et lorsque Rémi explique à ta sœur, Henri, qu’elle s’en va chez  son ami Mathéo pendant qu tu arrives, elle dit « OK. ».

Rémi cherche les mitaines de Mathilde mais moi je sens le temps qui presse! Je ne me reconnais plus. « RÉMI! LAISSES-LES PARTIR! IL FAUT Y ALLER, VITE! » Un sentiment d’urgence m’envahi et j’ai un peu peur de ne pas arriver à l’hôpital à temps, tout en me disant que les douleurs d’accouchement ça doit toujours être comme ça. « Je ne serai jamais capable de prendre plus de douleur. »

Je vois encore la van de Bernard quitter notre entrée juste avant que nous partions pour l’hôpital. Une chance qu’il est proche! La route est courte mais interminable pour moi! Des contractions en auto ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable!

T’ai-je mentionné que je suis déterminée? En sortant de l’auto je marche vite vers la maternité en m’arrêtant pour chaque contraction. Je ne suis plus moi-même. Je suis la douleur.

« Madame, voulez-vous une chaise roulante? Madaaaaaame? Madaaaaame? »

Je l’entends à peine. Contraction dans le hall d’entrée accotée sur le bras de fauteuil. Contraction dans le couloir. Contraction dans l’ascenseur. Il y a un petit coin de mon esprit qui se dit que chaque personne que je croise doit se dire que j’en fais tout un plat! D’ailleurs, les infirmières ont l’air de cet avis jusqu’à mon premier examen.

« Déshabilles-là, on va être prêt à pousser! ».

J’aurai eu exactement ce que je voulais par manque de temps! Pas d’intraveineuse! Yay!

Je pousse mais au fond de moi je veux un break de contractions. Je suis fatiguée, j’ai mal. (Please! Fatiguée?!?! Je sais!!) La docteure présente ne veut pas niaiser. Elle ne veut pas que je me lève et me dit que tu n’aimes pas que je te fasse attendre. Je ne l’aime pas, mais ça importe peu. Rémi me racontera plus tard qu’elle venait clairement d’être interrompue pendant une sieste vu son air et ses cheveux en bataille. Entre les contractions je me ferme les yeux et j’attends. Lorsque la prochaine contraction arrivera, je serai prête. Je suis ailleurs. Je suis avec toi.

Ton père est là mais je suis coupée de lui. Nous sommes ensemble mais je suis seule. Je te sens sortir et je comprends ce que ta grand-mère veut dire lorsqu’elle parle d’une délivrance. Je coupe le cordon sans me poser de questions et te voilà sur mon ventre. Je t’ai poussé tout au plus 10 minutes… Quelle équipe du tonnerre nous avons formé! Nous sommes comme dans un monde parallèle, surréel.

Il est 4h17 le 4 mars 2013 et te voilà dans mes bras! Tu ressembles à ta sœur comme deux gouttes d’eau. Tu as un poids de 3240g (7lbs 2oz) et une taille de 51.5 cm (20 ¼ pouces). Ton Apgar est de 9-9-9. Tes prénoms seront Henri Richard Etienne. Officiellement, nous dirons que tu es né à 41 semaines et 3 jours. Nous on se dit que tu es sorti quand tu te sentais prêt! Quelle aventure merveilleuse!

C’est avec des larmes de joies et de nostalgie que je t’écris ce récit, mon petit Henri. Tu n’as que trois mois et tu as déjà bouleversé ma vie pour le mieux. Tu es tellement le bienvenu dans nos vies et l’amour que ton père, ta sœur et moi te portons est sans limites. Ton arrivée restera à jamais gravée dans ma mémoire, dans mon cœur et dans chacune de mes cellules.

J’ai lu un article dans un torchon pendant que je patientais dans la salle d’attente du concessionnaire de ma voiture. L’article  traitait d’une étude récente qui vise à démontrer l’échange cellulaire entre une mère et son bébé durant la grossesse. C’est extraordinaire de savoir qu’il y a une partie de toi en moi pour toujours!

Je t’aime. Maman.

Photo gracieuseté de Christine Fiocco

Source: Christine Fiocco

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