Mère et monde, centre de maternité

Mère et monde, centre de maternité

Est-ce que votre nouveau-né est bien nourri? Avec les différents conseils (parfois douteux) qui circulent et les croyances bien établies, il est facile d’y perdre le Nord. S’éveille-t-il parce qu’il a faim? Pleure-t-il parce que vous manquez de lait? Devriez-vous lui donner un autre biberon alors qu’il en a vidé un il y a une demi-heure? Pas facile, pas facile… Le billet d’aujourd’hui ne se veut pas une recette mais bien un guide, inspiré des enseignements tirés de chaque rencontre postnatale que j’ai menée,  pour vous aider à reconnaître les signes que votre bébé reçoit du lait de façon optimale pour sa croissance, et que justement, il grandit bien.

Les premiers jours sont un peu à part quand il s’agit de déterminer si oui ou non, le petit boit assez. Je vous invite d’ailleurs à lire mon billet sur le troisième jour de vie, une période cruciale dans votre nouvelle réalité de parent. Il importe de savoir que le nouveau-né ne régule pas encore sa satiété. Il ne possède pas de jauge « faim/plus faim ». Dommage pour les parents, ce serait tellement moins compliqué! S’il venait avec un manuel d’instructions aussi, ce serait génial! En attendant que la nature procède à une amélioration de son service après livraison, il existe des signes afin de déterminer si l’appétit de l’enfant est satisfait. Premièrement, il faut prendre en compte les circonstances de la naissance. Un bébé en santé, né de façon physiologique et dont l’accouchement s’est bien déroulé n’aura pas les mêmes compétences qu’un bébé de petit poids ou alors né d’un accouchement éprouvant. Ce dernier devra sans doute être stimulé doucement, gardé contre sa mère ou se voir offrir un peu de colostrum au doigt pour faciliter ses éveils (et donc, ses boires) durant les premiers jours, peut-être même les premières semaines. Autrement, si le bébé est en pleine forme, vous pouvez vous fier aux signes suivants pour ceux qui sont allaités, dès que la montée laiteuse est apparue soit aux alentours du troisième jour (à noter que la quantité bue augmente à ce moment pour le bébé nourri aux préparations). Après vous être assurée du positionnement de la bouche et du corps de l’enfant vous devriez observer ceci chez le petit au sein:

  • Au début de la tétée, la succion est rapide. Dès que le réflexe d’éjection de lait s’installe, la succion se transforme : le bébé a les yeux ouverts, le regard fixe et concentré, il présente plus ou moins une déglutition pour une succion que vous pouvez voir ou entendre. La déglutition s’observe au niveau du « double menton » qui s’emplit et se vide. Vous pouvez déposer doucement un doigt à la jonction cou/menton pour la sentir si vous avez de la difficulté à la voir.
  • Durant les premières semaines, vous sentez la différence entre la plénitude de vos seins avant la tétée, et la souplesse après. Certaines femmes ressentent aussi leur réflexe d’éjection du lait qui peut se traduire par des picotements, de la chaleur ou un pincement environ une minute après le début de la succion au sein. Si vous avez eu un réflexe d’éjection, le lait est forcément allé vers le bébé…
  • Dès le 5ième jour, vous devriez changer aux moins six couches bien mouillées, peu importe le mode d’alimentation du nourrisson. La plupart d’entre eux font environ deux à trois selles à ce moment également.
  • Il vous faut apprendre à connaître votre bébé. Qu’il soit allaité ou non, s’il s’éveille par lui-même pour ses 8 à 12 boires par jour, semble repu et calme après avoir bu, a de belles périodes d’éveil et semble de bonne humeur, mouille ses couches et doit changer de taille de pyjama… il boit assez!

On dit, avec raison, qu’on ne peut calculer ce que reçoit un bébé au sein. C’est pourquoi vous devez vous fier à lui et aux signes énumérés ci-haut puisqu’ils représentent, avec la prise de poids, les meilleurs indices que ses besoins nutritionnels sont comblés. Si votre enfant est nourri aux préparations commerciales pour nourrissons, vous savez précisément quelle quantité de lait est ingérée. Est-ce un avantage? Pas nécessairement! Il n’existe pas de quantité de lait optimale pour un bébé de X âge. Il a un appétit variable d’un jour à l’autre. Votre petit peut engloutir le maximum suggéré aujourd’hui, puis beaucoup moins demain. Il est facile de s’inquiéter, en tant que nouveau parent, dans cette situation. S’il respecte le dernier point plus haut (repu après le boire, éveillé, de bonne humeur), il est satisfait. Faites-lui confiance, qu’il soit nourri au sein ou au biberon. Cependant, comme il ne régule pas encore sa satiété, le nouveau-né qui reçoit de la préparation devra sans doute se faire offrir une suce pour satisfaire son besoin de téter plutôt que du lait s’il vient de boire, alors que le bébé allaité peut sans problème téter pour le plaisir, sans qu’on craigne qu’il boive trop.

La prise de poids et les courbes de croissance sont d’excellents indicateurs sur le moyen/long terme. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille faire une obsession du gain de poids! Quelques prises en début de vie, sauf s’il y a problèmes évidemment, suffisent. Lorsqu’on a pu vérifier que le gain de poids était acceptable, les pesées peuvent être étirées au rendez-vous de suivi. Encore une fois, on observera l’humeur et les comportements du bébé pour constater que tout va bien. Par contre, s’il y  des changements comme la prise d’anovulants par la mère, il est sage de surveiller un peu plus étroitement la courbe afin de s’assurer que le petit reçoit toujours assez de lait. À titre indicatif, dans une alimentation optimale, le nouveau-né prend autour de 20 à 30 grammes par jour jusqu’à trois mois. La croissance des bébés allaités est plus rapide entre 0 et 3 mois, et celle des bébés aux préparations l’est après 3 mois. Les courbes de croissance de l’OMS sont basées sur le poids optimal que devrait avoir un enfant nourri avec le lait de sa mère, contrairement aux anciennes courbes qui se basaient sur une cumulation de poids de bébés alimentés aux biberons avec des préparations commerciales. L’important avec ces courbes, c’est que l’enfant demeure dans son corridor. Qu’il soit dans le 15ième ou le 80ième percentile n’a pas d’importance puisqu’il est question de génétique. Donc s’il est au 15ième percentile à 2 mois, il ne devrait pas avoir chuté au 7ième à 4 mois.

Si votre nouveau-né dort beaucoup, est difficile à réveiller, boit moins de six fois quotidiennement, est irritable et casse sa prise de poids, il y a lieu de consulter et de prendre des mesures. Autrement, suivez votre bébé et relaxez!