Le manque de sommeil, le surpoids, l’impatience, les nombreux inconforts… toutes les raisons sont bonnes pour vouloir en finir au plus vite avec la bedaine. Des femmes sont tentées de vouloir bousculer les choses parfois dès la 37ième semaine puisque leur grossesse est considérée à terme. Alors elles lavent le plancher à quatre pattes et pourquoi pas les murs, les moulures et les armoires de cuisine? Sans grand succès, généralement, elles essaient de se tourner vers d’autres méthodes, d’autres remèdes dits naturels. Mais est-ce souhaitable?   

Je vous l’accorde, les derniers miles peuvent être épuisants. On y vit un mélange d’émotions assez particuliers en plus de subir la pression de l’entourage lorsque la fameuse date « prévue » approche (allez lire mon billet Le mythe de la date prévue d’accouchement si c’est votre cas!). Quand je dis à mes clientes, lors des cours prénataux, que la majorité des femmes accouchent bien plus près de la 41ième semaine que de la date qu’on leur a attribuée, elles sont toujours étonnées voire découragées. La vérité, c’est que le bébé naît lorsqu’il est prêt. Le fruit tombe de l’arbre quand il est mûr. Et comme bien d’autres intervenants en périnatalité, je sais qu’il vaut mieux ne pas tirer sur le fruit avant qu’il ne cède de lui-même au risque de casser la branche. À mon humble avis, une induction artificielle du travail est une induction artificielle du travail, qu’elle soit faite avec du pytocin ou de l’huile de ricin. Qu’on se comprenne bien, je sais que certaines méthodes sont plus douces pour la mère et le bébé, moins agressives. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas parce qu’on évite l’artillerie lourde pour tenter de provoquer l’accouchement, que le bébé est prêt à sortir davantage. Il faut se poser des questions, mobiliser l’entourage pour vous supporter et vous encourager en cette période difficile, et surtout, réserver les méthodes de tentative d’induction alternatives en dernier recours, c’est-à-dire lorsque le déclenchement en milieu hospitalier est à la porte. Noter bien que j’utilise le mot tentative, parce que même l’induction pharmacologique a ses limites. Quand ce n’est pas dû, ce n’est pas dû!

Il existe plusieurs méthodes pour bousculer les choses et je vous encourage à en discuter avec votre accompagnante à la naissance, votre sage-femme ou votre donneur de soins pour avoir plus de détails. L’huile de ricin est sans doute la plus connue. Non pas sans risques, elle provoque de violentes diarrhées et parfois aussi des vomissements. Elle n’a rien d’agréable et ne devrait absolument pas être utilisée sans en connaître la bonne technique, la posologie et tous les effets secondaires avec un professionnel (pharmacien, sage-femme). Certains diront tout de même qu’elle est préférable à l’induction pharmacologique puisqu’on prend la dose minimale nécessaire et qu’on en cesse l’utilisation dès que le travail s’enclenche. Le framboisier ne provoque pas l’accouchement, qu’on se le dise une fois pour toutes. C’est un tonifiant utérin. Il peut calmer un utérus hyperactif en cours de grossesse (l’utérus se contracte par manque de tonicité) et appuyer de vraies contractions en travail. Rien ne sert de transformer votre cuisine en bar à tisane de framboisier, donc. L’homéopathie s’avère utile, plutôt pour préparer le terrain, sauf qu’il existe en effet des recettes pour, disons, partir la machine si elle le veut bien. Je serai honnête et je vous dirai que j’ai pris des petites granules le matin de la naissance de ma dernière. Pas pour déclencher un travail qui n’arrivait pas, mais pour soutenir des contractions déjà existantes. Le fruit était mûr, sinon, et j’en suis convaincue, l’homéopathie ne m’aurait été d’aucune aide. L’ostéopathie et l’acupuncture offrent également des traitements de dernière chance. Les bons thérapeutes ne les pratiqueront que lorsqu’il n’y a pas d’autres issues, que l’accouchement sera provoqué de toutes façons. Les médecines douces, comme celles énumérées dans mon billet, supportent et encouragent le corps à entrer en travail avec ses propres moyens.

Ceci étant dit, sans vouloir se presser, il est sage de préparer le terrain pour favoriser le bon déroulement du travail. Dans cette optique, l’exercice physique quotidien vous tiendra en forme en plus d’aider votre corps dans sa sécrétion d’hormones et d’encourager votre bébé à descendre dans le bassin. La prostaglandine présente dans le sperme aide à ramollir le col utérin, d’où le conseil des relations sexuelles en fin de grossesse. Mon conseil : n’en faites pas un marathon 😉 La natation vous aidera à diminuer certains inconforts et aura le même effet que l’exercice. Le yoga détend aussi, à ne pas négliger! Le framboisier tonifiera votre utérus, les gélules d’huile d’onagre auront un effet sur le col tout comme le sperme. Encore une fois, les médecines alternatives comme l’homéopathie, l’acupuncture et l’ostéopathie viendront soutenir le système dans sa préparation et sont d’une grande aide quand il y a de petits pépins, comme un bébé un peu haut perché par exemple. Se changer les idées et se faire confiance demeurent les meilleures choses à faire en fin de course. Mobiliser les bonnes copines, celles qui ne vous mettent pas de pression, et faites ce dont vous avez envie. Faites les choses pour le plaisir, pas pour déclencher quoi que ce soit. Bientôt, vous aurez un peu moins de temps alors profitez-en! Bébé arrivera bien assez vite et comme beaucoup de mamans, vous regretterez votre beau bedon rond. Ah, l’esprit est sélectif dans ses souvenirs, n’est-ce pas?