Si je vous proposais une méthode, une recette ou encore une pilule qui permettrait une diminution de 25% de la durée du travail d’accouchement, de 40% du recours à l’ocytocine de synthèse (pytocin) et de 30% de l’usage des narcotiques, en plus d’une diminution de 50% des césariennes, de 30% de l’utilisation des forceps et de 60% des demandes de péridurale*… seriez-vous intéressée? Et si j’ajoutais que cette même méthode pourrait améliorer votre allaitement maternel, diminuer votre insatisfaction de l’expérience natale globale et réduire votre risque de souffrir de dépression post-partum*? Tentant, non? Et pourtant ce ne sont que les avantages quantifiables d’avoir à vos côtés une accompagnante (aussi appelée doula) lors de la naissance de votre enfant. Vous voulez en savoir plus? Lisez ceci!    

Si j’avais à vous résumer les rôles d’une accompagnante à la naissance (spécialiste formée et diplômée en accompagnement à la naissance), ce serait soutenir, informer et respecter. Elle vous apporte une aide physique, un appui psychologique et de l’information de façon continue en période prénatale, durant l’accouchement et après. Elle soutient également l’autre parent en lui donnant des outils concrets, en le rassurant et en répondant à ses questions. Au cours de la naissance, elle est en quelque sorte votre ange gardien et celui de votre couple. Elle en préserve l’intimité, la bulle. Elle évalue et satisfait continuellement vos besoins et assure la bonne communication avec le personnel, et dans la mesure du possible, le respect du plan de naissance. Elle vous guide et vous encourage à travers les différents stades par le toucher ou le massage, si désiré. De par sa connaissance du mécanisme physiologique de l’accouchement et des interventions médicales possibles, elle est en mesure de vous aider à faire progresser le travail, par l’utilisation de certaines positions par exemple,  et elle diminue le stress des deux parents en vous expliquant, au besoin, les pratiques obstétricales en cours. Votre partenaire y trouve son compte parce que la doula lui permet une meilleure implication durant tout le processus; elle l’encourage et l’appuie dans ses interventions et le lui en propose. Il s’en trouve beaucoup plus compétent et efficace dans son propre rôle d’accompagnant. Pour être honnête, j’ai bien souvent l’impression d’être plus utile pour le père qui, à son tour, aide la mère. Et c’est tellement beau, des parents confiants et en confiance qui vivent pleinement leur accouchement!

De manière générale, les futurs parents croient qu’ils obtiendront un soutien continu et des réponses rapides à leurs questions à l’hôpital, mais c’est un mythe, ou presque. La réalité des hôpitaux québécois, c’est le manque d’infirmières et un personnel débordé avec un horaire fou. Malheureusement, les salles d’accouchement n’y échappent pas.  Loin d’être un manque de volonté ou de la mauvaise foi, les infirmières et autres intervenants n’ont pas le temps d’être présents et d’offrir l’appui auquel les parents s’attendent. Ils ne savent plus où donner de la tête! Voilà pourquoi le personnel hospitalier apprécie également l’aide que représente l’accompagnement à la naissance assuré par une professionnelle : elle les décharge sur plusieurs plans! J’ai personnellement une très bonne relation avec les infirmières de différents hôpitaux, pareil pour mes collègues. On se fait parfois accueillir avec des becs sur les joues… c’est tout dire!

Il est important de savoir que le rôle de votre accompagnante ne se limite pas à l’accouchement. La préparation prénatale avec celle-ci ressemble beaucoup à des cours prénataux privés (voir mon billet Bien choisir ses cours prénataux). Vous bénéficiez également d’une écoute et d’une disponibilité continue, entre les rencontres. Bien entendu, il se développe une relation de confiance et de proximité avec votre intervenante qui est primordiale pour la présence à l’accouchement. Après la naissance de Bébé, elle sera en mesure de vous guider à travers vos premiers pas de parents, et saura vous référer aux bonnes personnes en temps et lieux. Vous aurez quelqu’un au bout du fil pour répondre à vos interrogations du moment, ou juste pour vider votre sac qui, disons les choses comme elles sont, se remplit assez vite après un accouchement.

Chez Mère et Monde, vous profitez d’une rencontre d’approche gratuite et sans engagement qui vous permet de rencontrer la meilleure doula pour vous, d’évaluer vos besoins et de voir toutes les possibilités qui vous sont offertes. Je vous suggère d’aller zieuter notre philosophie sur notre site, juste ici, pour voir si elle vous convient. Il est très important de se sentir bien et en confiance avec la personne qui partagera votre intimité le grand jour. Cette compatibilité est le critère le plus important selon moi. L’expérience, la connaissance de votre lieu de naissance et la formation sont d’autres points à observer. Mais au-delà de tout ça, si vous choisissez une doula passionnée, vous faites le bon choix.

En terminant, je vous propose un peu de lecture sur le site de La Presse avec l’article d’Ariane Lacoursière, auquel j’ai participé avec des collègues: Accompagnante à la naissance: un métier en développement.

À la semaine prochaine, si la nature le veut bien! Si mon petit pou se pointe le bout du nez, c’est ma collègue et amie Marie-Ève Sturrock qui prendra la relève. À bientôt!

*Résultats combinés de six études, Marshall H. Klaus, John H. Kennell, Phyllis H. Klaus, 1993. Aussi publié dans The Doula Book: How A Trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier, and Healthier Birth. Perseus Press, 2002, Chapitre V.