C’est quoi exactement, un plan de naissance? Le mot circule mais peu de gens savent à quel point il s’agit d’un outil hors pair lors de l’accouchement, et pour plusieurs raisons. On peut croire, à tort, qu’il est réservé aux femmes qui souhaitent éviter toute intervention ou à celles qui se font un scénario béton de la naissance. En réalité, peu importe votre situation (premier bébé, jumeaux, césarienne élective ou prévue, etc.), le plan de naissance aura son utilité. Tour d’horizon de ce précieux bout de papier…   

Je réponds à la question posée en début de billet comme ceci : le plan de naissance est en fait un merveilleux outil de communication avec le personnel médical. Sa rédaction, si on le veut complet, vous oblige en tant que futurs parents à vous questionner, à vous renseigner et à vous informer. Il vous pousse à faire des choix que vous ne croyiez sans doute pas pouvoir faire. Ainsi, vous êtes au parfum des différentes possibilités lors d’un accouchement ce qui a pour effet direct de vous rassurer, de vous sécuriser. Rien n’est pire que l’ignorance le jour J, j’en suis convaincue. En période prénatale, le plan de naissance crée un dialogue avec le médecin et permet de mieux connaître ses positions sur l’accouchement et les interventions, et son ouverture face à des parents éclairés qui souhaitent prendre des décisions. Il vous fait découvrir le protocole de l’établissement où vous donnerez naissance. Tout cela demande un peu de recherche, mais comme parents, il vous permet de vous sentir plus en confiance à l’hôpital. Je remarque que lorsqu’il est bien monté, le plan est très apprécié du personnel, infirmiers/infirmières inclus. Il est le portrait de qui vous êtes, il leur démontre que vous avez fait vos devoirs et que vous êtes bien informés. Ce que le plan de naissance n’est pas par contre, c’est un contrat. Très rares sont les accouchements qui se déroulent tels qu’on les avait imaginés. Le plan, au contraire, favorise l’ouverture et prépare les parents aux scénarios divers. Ce serait une erreur de s’en servir pour tenter de contrôler le déroulement du travail et de la naissance ou même les intervenants.

Comment le rédige-t-on? La première étape, logiquement, consiste à vous renseigner sur les interventions possibles lors d’une naissance ainsi que sur les choix qui s’offrent à vous à ce moment. Il est possible de dénicher ces informations et les recommandations officielles sur des sites comme celui de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada ou encore de l’Organisation mondiale de la santé, moyennant une bonne recherche. Pour les choix, je vous invite à lire mon billet sur le sujet: Connaissez-vous vos droits durant la grossesse et l’accouchement? Pourquoi ne pas suivre des cours prénataux privés avec une accompagnante à la naissance certifiée, qui connait les recommandations sur le bout de ses doigts? Elle vous éclairera de façon neutre sur les différentes interventions en vous donnant le pour et le contre de chacune d’elles, en se basant sur les directives des grands organismes, et répondra à vos questions de manière personnalisée. Vous devez également vous informer sur le protocole de votre établissement par le billet de votre médecin, entre autres. Il est bien de savoir que parfois, deux médecins travaillant dans une même équipe ne fonctionnent pas de la même façon, malgré le protocole défini. L’accompagnante, qui se retrouve souvent à votre hôpital, a parfois un portrait plus juste de leur modus operandi.

Dans votre plan de naissance, on devrait retrouver les points suivants : votre identification, la présentation des grandes lignes de la grossesse, une description de l’ambiance générale souhaitée, les interventions que vous aimeriez éviter ou avoir, vos désirs pour l’enfant suite à la naissance (allaitement, soins de routine faits au nouveau-né, etc.) et vos souhaits en cas d’imprévus (césarienne, bébé prématuré ou malade…). Il faut porter attention au langage et au ton utilisés : vous devez démontrer de la souplesse et de l’ouverture autant dans le contenu du plan, que dans la formulation des phrases. Plutôt que de dire « Je refuse que », vous opterez pour « Dans le mesure du possible, je souhaiterais » ou encore «Je préfèrerais ». Le centre de maternité Mère et monde vous offre, sur son site Mereetmonde.com,  un bel exemple sur lequel vous baser pour monter votre plan de naissance. Vous pouvez le rédiger sous forme de lettre ou en faire une liste sans fla fla. Si vous arrêtez votre choix sur la lettre, je vous suggère de surligner ou de mettre en caractère gras les points importants. Il est bien de mettre les imprévus  sur une feuille à part, afin qu’elle puisse suivre la mère ou le bébé si nécessaire. Lorsque vous aurez terminé, présentez-le à votre donneur de soins pour en discuter avec lui. Tant mieux s’il le signe, mais ce n’est pas nécessaire.

N’oubliez pas qu’on ne contrôle rien à l’accouchement. Le but de votre plan de naissance est d’abord d’être bien informée, de créer de l’ouverture et du dialogue et de permettre une communication avec le personnel en exprimant vos souhaits et vos désirs. Pour le reste, faites-vous confiance!

Pour plus d’informations sur les cours prénataux privés et l’aide à la rédaction du plan de naissance, contactez le centre de maternité Mère et monde.