Les occasions de prendre un verre abondent en ce moment. Ça arrive rien qu’une fois par année qu’on dit! Pourquoi pas… Là où la question « un p’tit gin? » se complique, c’est pour les femmes enceintes ou allaitantes. Avec toute l’information qui circule à propos de l’ingestion d’alcool durant ces périodes, il y a de quoi perdre le (pôle) Nord. Puis-je boire un peu durant ma grossesse? Quels sont les effets d’un verre de vin sur mon bébé allaité? J’essaie aujourd’hui de vous éclairer sur ces questions et d’autres concernant la consommation d’alcool… Mais je ne peux pas vous aider à décider si vous le prenez ou non, ce deuxième morceau de bûche!       

J‘oserais dire que la prise d’alcool chez les femmes enceintes est un sujet chaud et hautement culpabilisant. Est-ce parce que les données probantes manquent et que l’information est ambiguë? Probablement. On associe plaisir, fête et bon temps à la consommation de vin, de bière et de spiritueux. Il apparaît évident que l’abstinence peut être perçue comme une perte de jouissance aux yeux de celle qui la subit, ou des autres. Voilà pourquoi, à mon avis, on tire bien les conclusions que l’on veut de l’information qui circule. Pourtant, les effets de l’alcool sur l’enfant à naître peuvent être importants parce que ses organes sont en développement et du même coup,  très vulnérables aux substances toxiques. Il convient à la future maman d’être bien informée. Ce qu’on sait, donc, c’est qu’il est impossible d’affirmer si de petites quantités d’alcool sont sûres ou nocives pour l’enfant. Les données sont insuffisantes, c’est plate comme ça. La recommandation générale est alors d’éviter d’en consommer à défaut de pouvoir assurer la sécurité du bébé autrement. Dès le début de la grossesse, les répercussions peuvent être graves et permanentes. Plusieurs diront, incluant certains professionnels de la santé, qu’un verre à l’occasion ne fera pas grand mal. En fait, on n’en sait rien et il serait beaucoup plus prudent de le dire ainsi. Ce qui est plus certain par contre, et qui ressort des études, c’est que les excès occasionnels sont particulièrement nocifs. Il faut éviter de se saouler, même juste une fois. Par ailleurs, il n’y a aucune différence entre la bière, le vin et les spiritueux, à verre égal. Plusieurs compagnies offrent maintenant de bonnes alternatives de produits sans alcool sans trop sacrifier le goût, étonnamment. Voici peut-être le temps de les essayer? Prendre un  verre de moût mon minou…

Les effets de l’alcool sur un bébé allaité sont très différents. En fait, aucune étude ne prouve qu’il puisse y avoir dommage lorsque la mère s’en tient à 1g/kg d’alcool. Les répercussions se retrouvent principalement au niveau de deux hormones de la lactation. L’alcool réduit l’ocytocine responsable du réflexe d’éjection du lait ce qui entraîne une plus petite prise ou extraction dudit lait. Le réflexe pourrait même être inhibé, empêchant ainsi les glandes de se vider. L’effet est contraire sur la prolactine, responsable de la production lactée : elle augmente significativement. Une mère « sur la brosse » risque un gros engorgement, difficile à soulager parce qu’elle produit plus de lait mais il ne sort pas bien.
La concentration d’alcool est similaire dans le sang de la mère, et dans son lait. Le pic lacté survient environ 30 à 60 minutes après consommation lorsqu’à jeun, et entre 60 et 90 minutes lorsque pris avec de la nourriture. Quand le taux diminue dans le sang, il fait de même dans le lait maternel. La nature étant bien faite, une étude a su démontrer que chez la femme allaitante le pic sanguin d’alcoolémie était moins élevé, et que son élimination était plus rapide que chez la non-allaitante. Par contre, même si le bébé n’est exposé qu’à une infime partie de l’alcool pris par sa mère, il le métabolise jusqu’à deux fois moins vite que celle-ci durant les premières semaines. L’effet sédatif de votre verre de vin n’est pas souhaitable sur un nouveau-né qui déjà, peut s’endormir facilement au sein… Vous avez la possibilité de tirer votre lait avant de boire, et de lui offrir plus tard. Autrement, vous pouvez allaiter juste avant votre consommation et même commencer votre bière vers la fin de la tétée. Laissez passer un bon deux heures avant d’offrir le sein à nouveau, idéalement quatre à six heures. Il est primordial d’extraire votre lait si vous préférez éviter d’allaiter sachant que votre production risque d’augmenter. Les engorgements et la mastite vous guettent, soyez alerte! Et amusez-vous!

Sources:

Motherisk

Ligue La Leche

Société des obstétriciens et gynécologues du Canada

Éduc’alcool