La première grossesse est particulière, unique. Elle est source de magie et d’émerveillement mais également d’inquiétudes et de craintes. La deuxième grossesse (et les suivantes) est aussi particulière et unique. Mais entre vous et moi, avec la nouvelle vie de famille, vous la vivez bien différemment. Moins le temps de vous émerveiller, possiblement moins d’inquiétudes ou au contraire, parce que vous comparez les grossesses entre elles et, vous l’aurez remarqué, elles sont bien différentes! À partir de quelle semaine Bébé a-t-il commencé à bouger? Hum… Euh… Bonne question. C’est à ce moment que vous commencez à vous demander si vous allez l’aimer autant finalement, cet enfant. « C’est bien mal parti! » que je vous entends penser. Et le plus vieux? Va-t-il perdre sa place? Comment réagira-t-il? Autant de questionnements normaux et légitimes lorsque la famille s’agrandit.       

La crainte de ne pas aimer autant l’enfant à venir est fréquente. Parfois même, les futures mères ont peur de ne pas l’aimer du tout! La relation avec le premier est si précieuse, si riche… Pourtant, et on vous l’a sans doute déjà dit, votre cœur saura s’agrandir. Vous apprendrez à découvrir le petit nouveau, et vous serez charmée, une fois de plus. Je ne crois pas qu’on puisse aimer chacun de nos enfants de la même façon. C’est assez tabou comme sujet d’ailleurs. Je pense que certains traits de personnalité ou alors les intérêts d’un de nos enfants peuvent faire en sorte que nous nous sentons plus « près », plus complice de cet enfant. Pas que nous l’aimons plus! Et le fait d’avoir un rejeton qui s’intéresse à des trucs qui ne nous ont jamais fait sourciller, nous oblige à ouvrir nos horizons. Chaque nouveau venu dans la famille lui apportera une richesse particulière. Pour pouvoir l’apprécier pleinement, il faut laisser mûrir, grandir cette famille. Entre d’autres mots, laissez-vous le temps.

Il peut être difficile de se détacher de sa première expérience de maternité. Le besoin de comparer semble être ancré dans la nature humaine. Pourtant, le nouveau trésor que vous portez est le seul de son modèle! Qu’importe si les grossesses sont semblables ou non, ou alors que les tempéraments de vos nouveau-nés sont comparables… Le tout dernier est différent. Défaites-vous de vos idées préconçues et évitez de comparer. Votre expérience de maman vous sera très certainement utile, ne serait-ce que pour la confiance que vous y avez gagnée. Sauf que vous vous apercevrez vite fait que plusieurs de vos trucs ne fonctionnent pas avec celui-là. Le premier aimait s’endormir emmailloté comme un saucisson, et le deuxième s’en trouve fâché. Il préfère de loin qu’on l’endorme en sautillant sur le ballon d’exercice! Votre capacité d’adaptation est fascinante, et vous développerez d’autres trucs. Vous étiez la pro de votre premier enfant, vous deviendrez la pro du deuxième. Avec du temps, de la patience et de l’ouverture, évidemment.

Si l’aîné démontre de l’intérêt pour la grossesse, vous pouvez lui procurer des livres sur l’arrivée d’un bébé. Il en existe de très intéressants pour tous les âges. Les enfants un peu plus vieux apprécient généralement les photos prises in utero parce qu’ils peuvent se faire une image du bébé. Lorsque la grossesse est bien avancée, vous pouvez lui faire écouter le son du cœur fœtal à l’aide d’un stéthoscope. Vous pouvez aussi lui demander de dessiner comment  il perçoit l’enfant à venir, à quoi ressemble sa « maison » selon lui, etc. En vue de la naissance, une belle façon d’intégrer votre plus vieux est de lui proposer de préparer un cadeau pour le bébé. Un jouet avec lequel il ne joue plus, un dessin ou bien un bricolage fera l’affaire. De votre côté, vous pouvez faire la même chose, comme si le nouveau-né offrait un présent à son grand frère ou sa grande sœur. Vous verrez, ce sera fort apprécié. Les plus jeunes peuvent être indifférents et n’en soyez pas inquiète. N’allez pas non plus aux devants des questions. Répondez simplement, sans vous perdre dans les détails. N’anticipez pas trop sa réaction, elle pourrait être bien banale. L’important, à mon avis, c’est de prévoir l’arrivée du prochain en modifiant légèrement la routine de votre petit. Ne débutez ni garderie, ni programme d’éducation à la propreté, ni sevrage quelconque en même temps que la naissance du bébé. Faites-le avant, ou alors plusieurs semaines après. De cette façon, vous éviterez qu’il associe le petit nouveau à ces changements.

N’hésitez pas à partager vos expériences avec moi!