La naissance d’un enfant, c’est tout un évènement. Il est facile de se perdre dans ce tourbillon d’émotions, de fatigue et d’hormones. L’accouchement en soi est intense. En tant que nouvelle maman, vous avez sans doute de la difficulté à trouver votre compte dans les cycles éveil/sommeil erratiques de votre nouveau-né. Bien entendu, vous ne faites pas toujours la sieste au moment où vous le devriez… Il y a encore de la vaisselle! La fatigue s’accumule peu à peu. Les soins de l’enfant, dans les premiers jours et les premières semaines, sont prenants. Vous pouvez par moments, doutez de l’attachement que vous portez à ce petit être. Et à l’inverse, quelques minutes plus tard, vous vous sentez coupable d’avoir eu ces doutes. Vous avez envie de rire, puis de pleurez. Vous n’êtes plus certaine de rien finalement. Qu’est-ce qui se passe? Et bien vous ressentez le Baby Blues!    

Les variations émotionnelles sont normales durant les 10-14 premiers jours. Jusqu’à huit femmes sur dix les vivront. Le phénomène du baby blues s’explique, en grande partie, par la chute des hormones oestro-progestatives que vous sécrétiez durant la grossesse. À titre d’exemple, les taux de progestérone, qui agit comme « euphorisant » en bloquant les substances qui agissent sur le centre des émotions du cerveau en déclenchant des réactions dépressives, peut être de 30 à 50 fois plus élevés avant la naissance qu’en temps normal. La chute de cette hormone, en quelques heures seulement après l’expulsion du placenta, entraîne invariablement un choc pour la mère qui se caractérise par un sentiment de déprime ou de confusion des sentiments. Les hauts et les bas sont donc monnaie courante.

Que peut-on faire pour réduire l’impact des changements hormonaux, ainsi que les changements de sommeil, de routine et d’alimentation? Ce n’est pas très compliqué, mais c’est essentiel. Tout d’abord, on ne le répètera jamais assez, il faut dormir en même temps que le bébé. Oubliez le reste, reposez-vous. Si on vous offre de l’aide, des relevailles, acceptez-les. Formulez des demandes claires au sujet de vos besoins. Faites équipe avec votre conjoint ou un proche venu vous donner un coup de main pour l’occasion. Gardez en tête que dans certaines régions du monde, les femmes ne font à peu près rien d’autre que de s’occuper de leur poupon durant le premier mois/40 jours : tout le monde se relaie autour d’elles pour le reste! Malheureusement ici, on manque de support ou on n’ose pas le demander. C’est culturel que voulez-vous! Ensuite, mangez régulièrement. Disposez des collations un peu partout dans la maison : fruits, noix, fromage et muffins. Plutôt que d’attendre que les soins du bébé soient terminés pour manger votre repas, grignotez ici et là. La prise d’oméga-3 est bénéfique, dans l’alimentation ou sous forme de suppléments.  Faites du peau à peau: votre bébé sera plus calme, vous profiterez des hormones d’attachement, et vous serez plus confiante. L’allaitement vous protégerait aussi durant cette période fragile de plusieurs façons : par la sécrétion des hormones d’allaitement, parce qu’elle entraîne un contact en peau à peau sur une longue période, et qu’elle procure un sentiment de compétence. Évidemment, si l’allaitement ne va pas, allez chercher de l’aide immédiatement! Et pour terminer, prenez du temps pour vous. Prendre du temps pour soi ne veut pas nécessairement dire du temps sans Bébé. Si la température le permet, allez marcher tous les jours à l’extérieur. Allez luncher au resto que vous aimez tant (avec Trésor dans le porte-bébé, pourquoi pas?). Plongez dans cette série télé qui vous fait envie, même s’il faudra probablement appuyer sur « pause » plus souvent qu’autrement. Et riez, et riez encore!

Il est primordial de sensibiliser les gens autour de vous à l’après-accouchement. Si, au bout de deux à trois semaines, les sentiments de déprime persistent, il faut creuser un peu. Pour ça, il faut que vous soyez en mesure d’exprimer librement ce que vous ressentez, sans crainte du jugement. Si vous ne le faites pas, personne ne pourra deviner. Il existe un test, le test d’Edimburgh, qui vise à dépister les femmes qui présentent des signes de dépression post-partum. L’association canadienne pour la santé mentale a aussi mis en ligne un article, La dépression post-partum, sur leur site cmha.ca. Vous y trouverez de l’information très pertinente. Cette forme dépression se traite bien avec un suivi approprié. Mais ne la prenez pas à la légère 😉